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Bleu Blanc Zèbres… Attention, les Faizeux ont déjà commencé !

Alexandre Jardin et ses porteurs de bouquets de solutions, ses Faizeux, comme il les appelle, n’ont plus de temps à perdre. Ces drôles de zèbres se sont fixés la date butoir de Noël 2017 pour créer autour de leur mouvement, Bleu Blanc Zèbres, une force, une puissance capable de stopper l’envisageable arrivée au pouvoir de Marine Le Pen. Ils comptent participer concrètement, grâce à un accord qu’il veulent signer avec les partis politiques, au sauvetage de la France. Car, se récrient-ils à l’unisson, non ! le Front National n’a pas le monopole de la révolte !

A Darwin grâce à Philippe Barre

Philippe Barre feat Alexandre Jardin à Darwin © Isabelle Camus

Philippe Barre, le Darwinien feat Alexandre Jardin, le Zèbre © Isabelle Camus

Alexandre Jardin et ses Zèbres sont venus à Darwin à Bordeaux, présenter leur mouvement citoyen, pour clamer haut, fort et joyeusement qu’il fallait désormais compter sur toutes ces associations qui agissent et qui pallient aux déficits de nos partis politiques, quels qu’ils soient. Un tour de France pour rencontrer et rallier à leur révolution solidaire tous ceux qui n’ont plus confiance en nos dirigeants et qui veulent définitivement prendre leur destin en main !

© Isabelle Camus

Cliquez sur la photo et le texte vous pourrez lire © I.Camus

Dans son dernier ouvrage « Laissez-nous faire ! On a déjà commencé », qu’il a signé et dédicacé ce soir-là, une page entière est consacrée à Philippe Barre, créateur de Darwin.

Alexandre Jardin y partage quelques souvenirs personnels, fondateurs, véritables chocs émotionnels et réactionnels qui l’ont peu à peu amené à constater à quel point les hommes politiques évoluent dans une bulle refermée hermétiquement sur elle-même. Des dates à marquer d’une pierre et qui ont fait de lui l’homme bouillonnant et fichtrement déterminé qu’il est aujourd’hui.

A épisode affligeant, colère constructive :

Entre les 1001 histoires d’une famille pas banale, ses lectures passionnées et des rencontres admirables ou révoltantes…

« Le 11 novembre 2012, Laurent Delahousse m’avait invité sur France 2, dans son émission dominicale à 13 heures, avec le ministre apparent de l’Education nationale, Vincent Peillon. Dans la salle de maquillage, juste avant de passer sur le plateau, nous avions eu une conversation. J’avais quelqu’un d’authentique en face de moi, le vrai Peillon, émouvant, harcelé de doutes, de fragilités. Puis il passa en premier sur le plateau et je vis apparaître sur les écrans de contrôle sa marionnette officielle. Fausse voix. Discours plaqué, glacé de certitudes. Inaudible. Une fiche derrière des lunettes, un porte-voix des éléments de langage fabriqués par Matignon. Une colère irraisonnée me gagna. Pourquoi cet homme ne nous faisait-il pas confiance en se montrant dans sa réalité complexe, au lieu de se cacher derrière sa fonction ? (…) Devant les caméras, j’ai brisé la convention du off (…) En direct, j’ai nommé son masque intolérant en rappelant qu’il semblait réel cinq minutes auparavant, et que j’entendais poursuivre la conversation avec le type authentique, pas avec la cassette. (…) Deux heures plus tard, le rédac-chef de Delahousse me rappela pour m’informer que ce passage serait rediffusé le soir même au 20 heures. Le site de France Télévision s’était embrasé. Les gens voulaient, massivement, que cesse le jeu de rôle habituel, la bienséance factice qui règne dans nos débats. Nous ne supportons plus de feindre de croire qu’on les croit, alors qu’eux-mêmes ne croient plus en leurs propres mots ».

http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2012/11/12/peillon-sur-france-2-quand-le-discours-se-heurte-au-reel.html

© I Camus

François Benthanane, Gilles de Labarre, Jean-Luc Brulard, Ségolène Dugué, Hadj Khélil, Aurélien Sallé et Alexandre Jardin© I.Camus

Aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux, les porteurs et porteuses d’associations qui ont déjà fait leurs preuves et qui dans leur coin, réussissent là où les politiques ne font qu’échouer, les uns après les autres. Et aujourd’hui, ils se préparent à leur dire : « Laissez-nous faire ! On a déjà commencé… et ça marche !!! ».

Avec des Faizeux qui passent à l’acte, s’impliquent, qui n’ont pas peur (on en a marre des gens qui ont peur, dit Alexandre Jardin) et qui sont tous des gens sympas et joyeux ! Dans tous les domaines : l’éducation, le logement, la recherche d’emploi, l’entreprise, l’écologie appliquée. L’objectif est de rendre nationales certaines de leurs actions car il n’y a pas d’autres choix que de donner des moyens puissants à une société d’adulte.

Sur leur site BleuBlancZèbre.fr ils se trouvent en rapport avec une masse énormes de propositions. Le pays se réveille et il faut en profiter. Alexandre Jardin le dit haut et fort : « Attendre tout de Paris est une folie ! ».

Créer un peuple de lecteurs :

L’association Lire et Faire Lire, qui regroupe 16 000 bénévoles a déjà pris en charge 400 000 enfants, puisqu’il est clair désormais qu’il y a un lien évident entre le nombre de mots de notre lexique et l’échelle de la violence. Un jeune qui n’a pas de mots, ça tape ! Et il peut y avoir 5 000 mots d’écart entre des enfants de 7 ans. Grâce aux lectures que leur font régulièrement les bénévoles en école maternelle ou primaire, ils acquièrent ce vocabulaire qui facilite leur adaptation à l’école.

Un bouquet d’entrepreneurs :

Aurélien Sallé est le fondateur d’ « Entreprenez Votre Vie » car pour lui la solution est de faire de la France le premier pays d’entrepreneurs en Europe, grâce aux PME, TPE et toutes les initiatives d’auto-entreprenariat. Il rencontre dans  la France entière, les Chambres de Commerce et d’Industrie, les associations d’insertion sociale, les politiques… Il est convaincu que c’est comme cela que l’on pourra lutter contre le chômage et la précarité. L’association vient discuter avec les lycéens pour leur donner envie de créer leur propre entreprise, leur dire que c’est possible. Elle aide les jeunes entrepreneurs en leur fournissant conseils, contacts et liens sur lesquels ils peuvent s’appuyer.

Un bouquet environnemental :

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Hadj Khélili, Aurélien Sallé et Alexandre Jardin © I.Camus

 

Hadj Khelil, tout en humour et gentillesse, prend la parole sur le sujet de l’environnement. De l’écologie appliquée. Il a vécu à Drancy, dans le 93, où il a  suivi une scolarité exemplaire qui l’a mené à un bel emploi dans la finance londonnienne. Très vite, pourtant, il choisit de se lancer dans l’entreprenariat et investit ses économies dans les dattes et le chocolat bio d’Algérie. Solidaire, il donne chaque année pour environ 20 000 euros de produits aux Restos du Coeur.

Avec son entreprise Bionoor, spécialisée dans le commerce des huiles essentielles biologiques, aidés par des partenariats, il opère une compensation carbone en replantant des arbres en Algérie.

Pour Hadj Khelil, le concept est simple : il faut avoir envie d’action, d’efficacité et il faut surtout arrêter d’écouter tous ces mythos (sic) qui ne nous envoient que des ondes négatives.

Un bouquet logement :

©I.Camus

©I.Camus

Présenté par Jean-Luc Brulard, 25 ans d’expérience comme bailleur social, confronté plus souvent qu’il ne l’a voulu aux promesses de projets jamais réalisés, aux lois qui se succèdent sans résultat efficace.

Il a monté sa propre agence immobilière « Immédiat », dotée d’une charte éthique et qui vise à rassembler les professionnels autour du « mal-logement ». « Immédiat » reverse à des associations un pourcentage de ses propres commissions.

En France, 3,5 millions de personnes sont mal logées et majoritairement les étudiants, les jeunes travailleurs et les personnes âgées. Le rôle de Jean-Luc Brulard est de fédérer ces associations afin de sensibiliser le public à ce problème et trouver des solutions. Il travaille avec l’association I Loge You qui finance des projets, les Compagnons Bâtisseurs, La Carte des Coloc et bien d’autres encore…

Un bouquet solidarité chômage :

Gilles de Labarre est président de l’association Solidarités Nouvelles face au Chômage, chargé de mission auprès du Secrétaire Général pour la Modernisation de l’Action Publique, relevant du Premier ministre et de la ministre en charge de la décentralisation, de la réforme de l’Etat et de la fonction publique. SNC, fondée en 1985, accompagne les personnes dans leur recherche d’emploi, un accompagnement qui se fait toujours en binôme avec un taux de retour à l’emploi de 66 % ! Elle possède aujourd’hui 140 antennes en France.

Fonctionnant pour les deux tiers en fonds privés, elle travaille main dans la main avec des partenaires comme CV Street à Marseille ou les Cafés de l’Emploi où se rencontrent entrepreneurs et chercheurs d’emploi.

Un bouquet éducation :

François Affif-Benthanane le dit sans détour : 75 % des jeunes délinquants sont des jeunes sans formation. Il y a donc urgence. Pour ce créateur d’entreprise au parcours atypique, la réussite des élèves en difficultés lui tient particulièrement à coeur.

En 2005, il fonde ZupdeCo, pour que chaque enfant puissent arriver les matins au collège en ayant fait ses devoirs. Car 47 % des parents avouent ne pas se sentir capable d’assister leurs enfants dans toutes les matières.

Pour y parvenir, ZupdeCo mobilise, forme et coordonne des tuteurs. Ces tuteurs sont des étudiants qui donnent deux heures de leurs temps par semaine, des volontaires en service civique qui s’engagent 24 h par semaine dans les collèges, pour aider les enfants en difficultés, leur faire faire ou vérifier leurs devoirs et qui font le lien entre enfants/parents/équipe pédagogique.

D’autres associations ont rejoint ce bouquet comme « Lire c’est Partir » de Vincent Safrat qui sauve les livres jeunesse destinés au pilon. Il édite désormais des livres à 0.80 centimes pour que les foyers qui ont du mal à accéder à la culture soient remplis de livres (c’est son rêve).

Une organisation béton pour gagner un combat :

Alexandre Jardin et ses Faizeux le martèlent : il faut comprendre et combattre la montée du FN. Depuis des années, les problèmes ne sont pas réglés et, affirment-ils, quand on ne règle pas les problèmes des gens, ils deviennent fous… des événements antérieurs nous l’ont déjà prouvé !

Il faut se réconcilier avec le réel pour faire revenir la confiance.

L’élan national qui entraîne le mouvement Bleu Blanc Zèbre (des propositions arrivent tous les jours, des fonctionnaires créatifs, de nombreux maires ruraux les ont rejoints…) est en train de constituer une vraie puissance, donc une force de négociation. Mais les Zèbres ne veulent pas le pouvoir, ils veulent juste que le pouvoir en place leur confie des ordres de mission.

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Alexandre-Jardin-Aux-actes-citoyens-74534

Car des choses admirables déjà sont faites, mais étonnamment jamais médiatisées, comme les 300 épiceries solidaires du réseau l’ANDES fondé par Guillaume Bapst, ou le programme SOLAAL (Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires) qui ont donné, en 2013, 120 tonnes de fruits et légumes et 7 millions de tonnes de litres de lait. Qui sait que de nombreux chefs d’entreprises « très conscients de la crise sociale ont décidé spontanément de sortir du cadre et de faire leur part en usant de leur pouvoir d’action, en adultes responsables ? ».

Fort de l’aventure de Nicolas Hulot, qu’il qualifie de remarquable, Alexandre Jardin analyse en 5 points, les raisons de son échec : une seule cause (l’écologie) ; le pacte « Signez et faites-le » avec les politiques (pour les Zèbres ce sera « Signez et laissez-nous faire » ; un pacte qui comptait plus sur la loi et le recours aux normes que sur ceux qui agissent ; sa personnalité un peu trop sympathique ; s’être adossé, lui qui n’appartenait pas au sérail, à un parti qui a fini par le manger.

Et tout ça avec quel argent ?

Quelques chèques de mécènes, bien-sûr, mais surtout un engagement et une participation incroyable de tous les acteurs du mouvement en dehors de leur travail. « Nous nous sommes souvenus les uns et les autres, écrit l’auteur, que pendant la dernière guerre personne ne se faisait rembourser ses notes de frais à Londres. Les gens donnaient ce qu’ils avaient à offrir au pays ». Certains donnent des conférences dans des entreprises au profit de Bleu Blanc Zèbre. « Quant à moi, conclut-il, je travaille sans répit à travers notre territoire (…) en finançant mon engagement civique avec mes droits d’auteur. En somme, je rends au public ce qu’il m’octroie.

Et acheter le livre pour le lire avant d'en parler © I. Camus

Et acheter le livre pour le lire avant d’en parler © I. Camus

Pour que cette montée en puissance, cette force de négociation pèse dans la balance, soit incontournable, Alexandre Jardin et ses Faizeux ont besoin d’action et de soutien. Sur leur site, on peut trouver une pétition à signer d’urgence ! Cette signature est déjà en engagement, un acte constructif. Aux actes citoyens !

Une réponse aux critiques

La personnalité d’Alexandre Jardin, l’enthousiasme, l’indépendance autour de ce mouvement provoquent chez certains, sinon des critiques (on a pu les taxer de poujadisme), du moins de la méfiance. Nous en avons fait part à Jean-Luc Brulard, avec qui nous étions en contact. Il nous a répondu, ainsi qu’Aurélien Sallé à qui il a transmis nos questions :

Jean-Luc Brulard : Pour ma part je ne me sens en rien poujadiste, mais simplement – et fièrement – soucieux de contribuer à « faire ma part », en contribuant à la libération des énergies, des enthousiasmes, pour le développement des initiatives de terrain, certes aujourd’hui fortement entravées par des initiatives politiciennes court-termistes, des normes aussi débordantes que souvent incohérentes, et une règlementation souvent inapplicable et/ou inappliquée. Tout le monde le dit aujourd’hui, il y a même un ministre de la simplification, censé donner corps au « choc de simplification » promis : il y a donc un large consensus, même officiel, et Etatique sur le constat.

Je soumets à mes amis de BBZ, en charge de l’animation votre questionnement afin de recueillir la position du mouvement, sans doute plus développée et plus argumentée que la mienne.

Sachant que nous sommes  plus qu’ouverts au débat d’idées, à la critique, notre seul objectif étant l’action au plus près du terrain et non le pouvoir.

 Merci à vous et bien cordialement

Aurélien SalléBonjour Jean Luc,

Ce procès en poujadisme est généralement le fait de ceux qui sont bénéficiaires du système tel qu’il est. C’est la seule critique qui émane des élites politiques par exemple. Cela ne vient pas de notre dénonciation de l’Etat mais des partis et plus généralement du système représentatif et normatif de notre pays. Le poujadisme, c’est la défense d’une caste, fusse t elle modeste, la revendication corporatiste au profit de certains.

Nous défendons le pays et sa société agissante. Nous sommes ouverts à tous les vents et pas recroquevillés sur nous mêmes. Notre seule certitude est que l’action unit quand les opinions divisent et nous unissons à tour  de bras.

Enfin, nous sommes puissement soutenus par les Maires et notamment les plus petits d’entre eux qui, bien qu’élus de la république n’en partagent pas moins nos colères et nos espoirs.

Tu le vois, nous sommes particulièrement bien armés pour les procès à venir 😉

Amitiés,

Aurélien Sallé – Délégué Général Bleu Blanc Zèbre

Véronique Berge

Véronique Berge

Farfouilleuse éclectique, dévoreuse de bouquins, passionnée par les rencontres et les aventures humaines, positive et incorrigible optimiste, elle aime tout ce qui a la capacité de faire « rêver la vie » et l'améliore.

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