Société

Il y aura un avant et un après Charlie Hebdo…

Aujourd’hui, mercredi 7 janvier 2015, le journalisme est groggy, assommé devant l’horreur qui vient de se dérouler en fin de matinée dans les locaux de Charlie Hebdo. De source policière, le journal satirique a été victime d’une attaque terroriste ayant fait douze victimes. Parmi elles, figuraient les dessinateurs Charb (également directeur de la rédaction), Cabu, Wolinski et Tignous. Mais également huit victimes anonymes (dont les deux policiers chargés d’assurer la sécurité des locaux du journal). Les journalistes et caricaturistes de l’hebdomadaire ont  payé de leur vie un engagement et un attachement à ces valeurs humanistes qui forgent l’identité de notre pays, et au-delà, des démocraties du monde entier.

Les  auteurs des faits se revendiquaient d’Al Quaida. C’est-à-dire d’une organisation terroriste, au même titre que les Brigades Rouges, dans l’Italie des années de Plomb ou bien de la Bande à Baader dans l’Allemagne de la même époque. Comme ses prédécesseurs adeptes de l’apologie de la peur et du chaos, celle-ci cherche à imposer sa vision du monde par la violence physique et l’élimination systématique de ses opposants et contradicteurs. Aujourd’hui, ne nous trompons pas de combat. Al Quaida ne représente qu’elle-même, c’est-à-dire un noyau de fanatiques sanguinaires et rétrogrades. En aucun cas, elle ne représente les valeurs d’une religion ou d’une croyance quelle qu’elle soit. Et ce serait faire trop d’honneur à ses affidés que de penser l’inverse.

Mourir pour des idées

A travers cet acte d’une lâcheté et d’une abomination sans nom, c’est, avant tout, l’ensemble d’une profession que l’on assassine, au nom d’idées et de valeurs prônant l’intolérance, l’obscurantisme et la soumission. L’inverse que le métier de journaliste se fait fort de combattre avec ses armes: sa plume, sa foi, son courage et son opiniâtreté. Dans un pays, berceau des Droits de l’Homme et des Lumières, éliminer des journalistes dont les missions sont d’informer, de porter le débat sur la place publique, d’éclairer l’esprit critique des citoyens, revient à s’attaquer aux fondements mêmes de notre démocratie. Sans ce quatrième pouvoir essentiel, ce sont les rouages de notre système qui sont en danger.

La meilleure réponse que l’on puisse apporter, au-delà d’un soutien moral aux victimes et à leurs proches, c’est justement notre insoumission à cet état des choses. C’est ne pas plier, ne pas rendre les armes face à tous ces extrémismes et à cette barbarie. Cette ligne de conduite, on la défend à Jugeote, tel l’étendard ensanglanté des idées humanistes qui ont été sacrifiées aujourd’hui à Charlie Hebdo.

Photo de Une Karyn Juge  www.karynjuge.jimdo.com

Thomas Camus

Thomas Camus

Geek utopique, flegmatique et éclectique, addict au numérique, boulimique de musiques électriques, électroniques et folkloriques, fanatique de rythmiques supersoniques et atomiques, hystérique de cinématiques mystiques et mythiques, frénétique de répliques acrobatiques.