Un peu de jugeote pour changer le monde

Un brin idéaliste, un rien impertinent et toujours à l’affut, Jugeote est un média collectif et alternatif, diffuseur de news qui aident à ne pas perdre la boule dans un monde de oufs.

Venue de tous les horizons, sa team de journalistes steampunk* se fait fort de partager avec vous ce qui l’inspire et donne envie d’y croire : des idées à relayer, des lignes à faire bouger, au coeur de tant de plombitude ambiante, mettre en avant ceux qui se mettent en marche, porteurs de projets durables, culturels, solidaires, collaboratifs…

Bref ! Partir ensemble à la découverte des initiatives positives de ces acteurs audacieux qui veulent donner du sens et de la beauté à notre monde en crise. Ce monde que nous pouvons, avec juste un peu de jugeote, mot au parfum suranné, mais au pouvoir immense dont nous sommes tous pourvus, RÉENCHANTER.

 *LE JOURNALISME STEAMPUNK

 La Création d’un nouveau média indépendant est l’occasion pour le journaliste de s’interroger sur l’avenir de sa profession. Il constate qu’elle n’a pas été épargnée par la précarisation qui frappe le monde du travail. Si le métier suscite toujours autant de vocations, beaucoup de jeunes diplômés des IUT de journalisme sont au SMIC, quand ils ne sont pas au RSA.

 Pourquoi alors, dans des conditions économiques aussi défavorables, créer un média ? Simple : déterminer un modèle viable pour assurer la survie du journaliste.

 Du journalisme ?

 Le sort du pigiste, cet acteur précaire mais indispensable du monde des médias, n’est guère éloigné de celui des intermittents du spectacle, dont il relate au quotidien le dur combat pour la survie. Pour chaque article paru et rémunéré, ce journaliste se bat avec la même détermination que le reporter de guerre rendant compte d’un conflit. Bien sur, sa vie n’est pas menacée, c’est son avenir qui l’est, dans un monde en perpétuel conflit économique.

 J’appelle ce journaliste précaire, indépendant, déterminé à vivre de son métier en fondant un modèle économique viable et juste, un journaliste steampunk.

Vous avez dit steampunk ?

Le journalisme steampunk propose un journalisme alternatif, comme le mouvement littéraire éponyme propose un dix-neuvième siècle alternatif à celui que l’Histoire enseigne.

Cette référence au XIXe n’est pas anodine. Le dix-neuvième siècle a fondé le capitalisme libéral que nous subissons en faisant de l’argent le moteur à explosion du monde. Tout comme il a connu une révolution de l’information, avec la naissance des agences de presse mondiales : Havas, Reuters, Wolff et Associated Press, entre 1835 et 1879.

Elle a accompagné celle de la presse populaire à sensations, avec la multiplication des quotidiens et des illustrés. C’est ainsi qu’au XXIème siècle, nous avons connu une révolution de même ampleur avec l’avènement de la presse gratuite, du numérique et d’internet.

Notre monde contemporain évoque par bien des aspects l’époque victorienne.

Le journaliste steampunk est issu de la pige, mais il se distingue du pigiste, car il fonde son média en y réinvestissant une partie de son salaire pour le rendre pérenne. Il travaille au sein d’une rédaction nomade quand le pigiste travaille seul ou en binôme. Il travaille en étroite relation avec ses collègues européens, car l’Europe est son champ d’action. En servant les intérêts du groupe, le journalisme steampunk sert les siens. C’est un journalisme d’individus pas d’individualisme. La signature d’un seul, engage la responsabilité de tous les autres.

Le journaliste steampunk distingue l’information de la communication et de la promotion. Il prend son temps pour proposer à ses lecteurs des articles de fond, documentaires, sur tous les supports à sa disposition.

Son champ d’action est l’Europe et au-delà qu’il scrute comme une vigie en rendant compte des initiatives individuelles et collectives qui proposent des alternatives au monde marchand. Ses spécialités sont la culture, les modes de vie et les économies alternatives, les sciences, tout en gardant à l’esprit que l’homme n’est pas au centre du monde mais bien son moteur. Un moteur non polluant pour lui-même, son environnement et ses semblables.

Bref, le journaliste steampunk a un rôle de premier plan à jouer à la fois comme observateur et acteur dans la mise en place de ces alternatives. Car dans notre société à bout de souffle, le but n’est pas seulement d’offrir de l’espoir, mais aussi de transformer les idées en possible et de les diffuser.

Nous, en tout cas à Jugeote, c’est comme ça que nous voyons notre rôle !

2 Comments

  1. 3 juillet 2015 at 14 h 35 min — Répondre

    Article fort sympathique, une lecture agréable. Ce blog est vraiment pas mal, et les sujets présents plutôt bons dans l’ensemble, bravo ! Virginie Brossard LETUDIANT.FR

  2. 15 juillet 2016 at 20 h 08 min — Répondre

    Merci Valérie Brossard de ce retour fort sympathique et agréable lui aussi, auquel nous avons mis un an, quasiment jour pour jour, à répondre 🙂

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