À boire et à manger

La 61ème seconde

Il y a tellement, tellement, tellement, tellement de trucs qui m’habitent que j’ai les pensées vagabondes, sans domicile fixe. Mais là, l’espace d’une seconde, je vais essayer de loger cette nébuleuse de pensées qui s’évapore.

Par exemple un truc, c’est quoi cette fichue manière d’aller s’occuper de la vie des autres ? Je veux dire, on a tous nos soucis, et bien occupes toi en ! Comment peux-tu trouver le temps dans ta journée d’aller « cracher » dans le dos d’autrui ? Soit faut sacrément détester sa vie pour préférer intégrer le scénario de celle des autres. Soit faut sacrément jalouser le réalisateur voisin pour essayer de lancer une propagande sur son dos. Dans les deux cas, aucun des deux rôles ne méritent l’Oscar. Mais rendons à César ce qui appartient à César, sans ces petits parasites le réalisateur ne se sublimerait jamais. Ah et je parlais de César, le chien, hein ! 

Tiens un autre truc, je ne comprends pas cette volonté d’être consensuel, lisse et prude. Ouais les 3 à la fois. Putain, mais bien souvent ça s’offusque plus d’un « ferme ta gueule » que de la raison du fermage de gueule qui est soumis. Putain, mais arrêtez d’être dans vos pensées étriquées là, étiquetées « politiquement correct ». La vie est incorrecte, les livres d’histoires, il devrait y avoir une étiquette « Parental Advisory explicit content » pour prévenir de la violence du passé et du présent. Quant au futur ? Il y a des bébés présents dans des couveuses qui sont nés suite à un viol, et vous vous offusquez encore qu’on traite le violeur « d’enculé de fils de pute » ? Mais ce ne sont pas les termes qui sont vulgaires hein, c’est l’acte. C’est ce que cet enculé de fils de pute a fait, voilà ce qui est vulgaire. Le reste, ce ne sont que les épithètes qui lui correspondent le mieux. 

Autre truc aussi, celle-ci de pensée vagabonde je suis sûr qu’elle va faire un carton : non à vrai dire, celle-ci était présente uniquement pour le jeu de mots.

Si, par contre un truc, je n’aime pas les gens. Enfin je veux dire, il y a des gens que j’aime hein, mes proches etc. Mais globalement, ce n’est pas foufou quoi. Ça ne se bouscule pas au portillon de ma considération, ça ne casse pas trois pâtes à un canard. Le plus souvent, les gens m’exaspèrent, je trouve mes semblables mauvais. Dans le sens très mauvais, dans la mauvaise direction. Je les trouve vaniteux, aigris et verts de jalousie. Je suis plus misanthrope que philanthrope pour le coup. Comme si cette partie de moi avait filé, comme si le peu d’optimisme qu’il restait dans le verre et bien je l’avais bu pour le voir vide.

La race humaine me dégoûte. Je ne vois pas trop ce qu’il y a à sauver chez nous. On dit que l’homme est un loup pour l’homme. Mais c’est une sacrée insulte pour le loup. Car chez eux ils évoluent en meute solidaire, il y a un respect des anciens et de la femelle. Tout ce qui nous échappe à nous en fait. 

De toute manière, « L’homme est lourd ». C‘est Louis-Ferdinand Céline qui l’a dit, pas moi. Quoique si, je le dis aussi. Si je me suis souvent accordé le droit de parler d’amour dans mes textes, je m’octroie cette fois-ci le droit de parler de haine. Mieux encore, je vais la laisser parler. Puis de toute manière ce n’est que le temps d’une seconde :
Parce que je la hais. Je veux dire, tout me répugne chez elle. Déjà sa manière de s’habiller, elle a perdu toute pudeur. Si c’était que ça encore ça irait, mais c’est sa manière d’être … Toujours à vouloir se montrer, constamment, constamment et encore constamment. Comme si le testament avait été signé par un con et qu’il ne lui avait légué que de piètres manières de se tenir.


Je pense que ce qui me pousse le plus à m’éloigner d’elle, c’est qu’elle est mauvaise au fond. Mais vraiment, je pense que c’est sa nature profonde. Il y a qu’à regarder ce qu’elle fait au quotidien : toujours à créer des conflits, à exploiter les plus faibles, à se moquer d’eux, à leur faire croire monts et merveilles. Mais que cette conne m’énerve. Vieilles sont les rancœurs que j’ai à son égard. Parce qu’à chaque fois que j’ai voulu lui faire confiance, elle m’a trahi. Elle n’est bonne qu’à drainer ce dont elle a besoin chez toi, puis laisser le mal gangrener en toi sans pour autant t’aider. Je ne devrais plus être surpris de rien avec elle remarque… Faut dire ça fait longtemps qu’on se connaît maintenant. Mais le plus remarquable chez elle, reste aussi le plus incompréhensif : c’est sa capacité à s’occuper de la vie d’autrui. Et comme je vous l’ai dit plus haut, elle n’est pas du genre à tendre la main. Etant donné qu’elle est aussi trop lâche pour taper du poing sur la table lorsqu’un sujet la dérange, elle se sert uniquement de son majeur pour répandre la haine. Ce sentiment qui parait si froid et qui pourtant m’habite entre quelques pensées vagabondes .


Ah puis quand je dis « elle », je parle d’elle la race humaine.

Tiens, mais voilà que cette seconde touche à sa fin. Voilà que la soupape est remise sur la haine et que le volcan se rendort. Voilà que mes pensées retrouvent leurs chemins à mesure que je me rapproche de mon foyer. Voilà que je ne m’égare plus, je regarde l’heure et je vois qu’il est bientôt l’heure. Je ne sais pas trop où j’étais durant cette seconde, mais je connais l’endroit, nous connaissons tous l’endroit.

Je vous parle de cette seconde qui vous montre le monde d’une tout autre manière et non pas de cette montre qui vous donne la seconde à venir. Je ne vous parle ni d’avenir ni de passé, mais pas vraiment de présent non plus. Je vous parle de cette seconde où vous ne faites de cadeaux à personne. Même pas à Ulysse. Je vous parle de cette seconde qui est comme un cheval de Troie en vous, de cette seconde qui se libère et propage comme un piège en vous et qui vous oblige à être mauvais.

Je vous parle de cette  seconde où vous êtes prêt à détester vos enfants, à haïr vos parents. Je vous parle de cette seconde qui n’existe pas vraiment mais qu’on remercie tous pour son existence. Je vous parle de cette  seconde où vous n’êtes plus vous-même et où même vous ne savez plus vraiment où vous êtes. Je vous parle de haine et d’incompréhension, de têtes à claque et de têtes de cons, je vous parle de militantisme et de silence à la fois, je vous parle d’envie de vomir et de tremblements dans la voix. 

En somme je vous parle de tout et de rien, de celle qu’on adore et de celle qu’on déteste, de celle qui nous manque et nous épuise à la fois, de celle qui n’existe pas et dont on rêverait qu’elle existe, je vous parle de la 61ème seconde.

La vie d’Eymeric #4

Eymeric Macouillard

Eymeric Macouillard

Etudiant en Master Stratégie des Marques à Sup de Pub, il trouve ses inspirations entre Bukowski et Céline. Depuis sa fenêtre de bus il observe ce monde et tous les jeudis il tente de faire un bilan. Embarquez donc avec lui pour "La vie D'Eymeric" et retrouvez sa vie, ses avis et sa passion pour l'écrit ... "
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