V.I.P.Zieuter

Le zoo urbain du collectif Monkey-Bird

On peut, au détour d’une rue de Bordeaux (rue Bouquière, rue de la Rousselle, rue de Ruhat…), de Paris et même d’Amsterdam, croiser quelques-uns de ces oiseaux au plumage ciselé, de ces singes ébouriffés, posés sur un vieux volet condamné, accrochés au coin d’une porte, ou prisonniers derrière une grille de fenêtre.
Ces petits ouvrages raffinés sont l’oeuvre de Louis Boidron et Edouard Egea, alias le collectif Monkey-Bird.

Copains d’école

Les deux garçons se sont rencontrés il y a 5 ans à l’école d’art et de design bordelaise, Créasud où ils préparaient respectivement un diplôme de graphiste et de design-produit.

La passion du dessin en commun leur a très vite donné l’urgence de trouver, ensemble, un moyen d’expression. Ce furent d’abord les personnages qu’ils dessinaient puis qu’ils allaient coller dans les rues.

Mais assez rapidement, pour sa grande lisibilité et son travail très artistique, ils ont choisi le pochoir qui leur a semblé être le meilleur moyen de retranscrire leurs dessins et surtout de trouver une identité propre. Peu d’artistes utilisaient ce médium. A Bordeaux, ils étaient pratiquement les seuls.

Des dentelles de papier

Plus sommaires au début, les pochoirs des Monkey-Bird ont peu à peu évolué vers de véritables dentelles découpées où les jeux d’ombres et de lumières se font de plus en plus fins.

Le choix du support sur lequel ils sont posés a toujours eu un rôle prépondérant, mais aujourd’hui la composition a également pris une place importante. Car elle raconte une histoire, nous plonge dans un univers où le temps, la création, la liberté et la poésie s’intègrent intimement dans la structure urbaine.

Là est avant tout l’objet de leur préoccupation : utiliser le prétexte des animaux pour les intégrer dans la construction architecturale, mettre en avant l’espace public.

Monkey-Bird/L’oiseau et le singe

Louis, se rêvant, enfant, gardien de zoo, a toujours été fou d’oiseaux, animal qui revenait le plus souvent dans ses dessins. Edouard a choisi le singe, fidèle représentation de l’homme et toujours en mouvement.

C’est donc tout à fait spontanément qu’ils ont choisi le nom de Monkey-Bird Crew, simplifié au fil du temps en Monkey-Bird et habilement francisé en Singerie Oisive, comme sous-titre à leur signature.

S’arrêter, prendre le temps, citadins pressés que nous sommes, de contempler ces animaux lâchés dans la ville, qui nous scrutent de leur regard perçant.

Pierre Le Carroz, fondateur de Street Art Bordeaux, a très tôt remarqué cette association prometteuse et suit les deux amis depuis leurs débuts.

Des rencontres essentielles…

Puis, tout est allé vite, très vite pour Edouard et Louis, qui vivent maintenant à Paris. Une collaboration l’année dernière avec Jef Aérosol pour une fresque géante installée sur le mur d’entrée du CHU dans le cadre d’Octobre Rose et une belle prise de conscience sur le fait qu’il avaient l’envie et la capacité d’aller beaucoup plus loin.

La rencontre avec Nicolas Laugero-Lasserre, fondateur du média culturel Artistik Rezo, directeur de l’Espace Pierre Cardin et grand collectionneur d’art urbain, qui vient booster leur motivation et décupler leur créativité.

Bluffé par leur travail, il parie sur eux et leur achète plusieurs pièces. S’enchaînent alors les expos, les performances et les rencontres avec des artistes de renom. Une concurrence qui motive !

… et des expositions à la pelle

Performance-exposition à la Collection Pierre Cardin à Paris, Art Up ! Foire d’Art Contemporain à Lille, Expressions Urbaines à la Fondation Magrez de Bordeaux, La Mac de Créteil, une fresque pour les Nuits Blanches, un partenariat avec le parfumeur Diptyque pour la FIAC, Fête de la St-Martin à Tourinnes en Belgique… Vous avez dit Oisive !!

Bordeaux Montaigne, leur oeuvre la plus monumentale

Et puisque quand on aime on ne compte ni son temps, ni sa peine, la semaine dernière, les deux complices ont investi l’Université de Bordeaux-Montaigne, une commande passée lors des Vibrations Urbaines.

Un travail de titan : recouvrir d’une fresque monumentale quelques-uns des grands murs vides et gris qui mènent aux salles de cours et aux amphithéâtres.

Pendant des nuits entières, ils ont découpé minutieusement leurs pochoirs qu’ils ont ensuite transporté sur place pour des compositions installées jusqu’à 5 m de hauteur.

Une semaine entière de travail non stop, ponctué par les averses et la curiosité des étudiants allant et venant sur le site. Mais le jeu en valait la chandelle : les singes, les oiseaux, les oiseaux-singes racontent des histoires et animent désormais les couloirs tout en offrant de nouvelles perspectives qui réveillent l’architecture en béton de ces constructions typiques des années 70.

Et puis encore des projets…

Emportés par ce tourbillon, Edouard et Louis espèrent quand même trouver un peu de temps pour créer de nouveaux pochoirs et imaginer d’autres compositions, avant de revenir à Bordeaux pour faire le M.U.R. en février et s’envoler au mois de mars 2015 pour New Delhi en Inde, où ils sont invités en résidence.

Alors n’hésitez surtout pas à faire un crochet par Bordeaux-Montaigne (Bordeaux III pour les plus anciens) pour découvrir l’univers baroque des Monkey-Bird, ainsi qu’à la Fondation Magrez où ils ont investi le petit pavillon jusqu’au 1er février prochain. Et mon petit doigt me dit qu’on ne devrait pas tarder à les retrouver dans quelque galerie parisienne…

http://www.dailymotion.com/video/x1oscpr_vernissage-exposition-art-urbain-a-viroflay-avec-monkey-bird-crew_creation

https://www.youtube.com/watch?v=MJYOA-iJpfc

http://culturebox.francetvinfo.fr/tendances/street-art/monkey-bird-jr-jef-aerosol-levenement-street-art-a-creteil-194693

http://culturebox.francetvinfo.fr/tendances/street-art/monkey-bird-jr-jef-aerosol-levenement-street-art-a-creteil-194693

https://www.facebook.com/MonkeyBirdCrew

http://www.passion-aquitaine.fr/mur-bordeaux-street-art/

http://webzine.unitedfashionforpeace.com/lifestyle/le-monkey-bird-crew-supported-byy-diptyque-a-la-fiac-2014/#.VHM8rr6GO8o

 

Véronique Berge

Véronique Berge

Farfouilleuse éclectique, dévoreuse de bouquins, passionnée par les rencontres et les aventures humaines, positive et incorrigible optimiste, elle aime tout ce qui a la capacité de faire « rêver la vie » et l'améliore.

1 Comment

  1. […] Le collectif Monkeybird arrivé de Paris et invité par la ville de Bordeaux, la société Axel Vega gérante de la patinoire de Bordeaux Mériadeck, l’association Pôle Magnétic, a inscrit sur ce mur, ce qui sera la fresque inaugurale de la première Saison Street Art de la ville de Bordeaux et de sa métropole. […]