Bouquiner

Qui, que, que, quoi, donc, tsundoku

Tsundoku 2Nous devons être un paquet à nous reconnaitre, catalogués, diagnostiqués, atteints de ce mal somme toute inoffensif (ce n’est pas les libraires qui diront le contraire),  désormais identifiés par un vocable japonais à la consonance voisine du mot sudoku.

Apparue sous l’ère Meiji (1868-1912) au sein d’une bourgeoisie nipponne soucieuse de ses apparences culturelles, la tendance aurait consisté alors à accumuler des livres… sans jamais les ouvrir. Le tsundoku (du japonais tsumu, « empiler », et doku, « lire ») tomba ensuite en désuétude, avant de réapparaître dans les années 70 sous l’impulsion d’étudiants, acheteurs compulsifs d’ouvrages universitaires, mais piètres lecteurs.

De l’accumulation de livres teintée de fétichisme

Alors qu’on guette la mort du livre au profit du numérique, nous serions encore nombreux à entasser, empiler, envahir notre espace vital intime de cet objet physique, réceptacle matériel de ce que toute la pensée humaine  peut coucher sur papier, en mots, en photos ou en représentation graphique.

Personnellement ce n’est pas pour faire genre que j’entasse des bouquins, mais bien parce que ça me rassure d’être entourée de livres, parce que je les aime et parce que l’acte de les posséder est toujours motivé par l’envie de les lire…

pile de livres Joel Robison

Joel Robison Photography

Souvenir d’une époque où depuis toute petite, ayant même par la suite cherché à conjuguer plaisir et travail en passant d’entrée par la case librairie – puis sur le tard par une année spéciale IUT Librairie/Edition pour en ouvrir une – je lisais, beaucoup, tout le temps, de tout.

Quand aujourd’hui, devenue journaliste, chronophagie de l’écriture, des outils de communication et des réseaux sociaux oblige, mes livres font souvent tapisserie.

Constatation qui me fait soudain me poser la question, mais alors une bibliothèque garnie ne sous-entendrait plus forcément un esprit plein, ni a contrario, un environnement sans livre un esprit vide ?

Et partir du sujet du syndrome du tsundoku pour prendre la résolution de lire une partie de mes livres entassés et sinon de les donner pour faire circuler l’énergie qu’ils contiennent, voire de les troquer.

Bref, faire de ma manie et de mon fétichisme matérialiste, une monnaie d’échange, une économie alternative, un lâcher prise vis-à-vis de l’avoir et des idées pour mieux les partager 😉

Isabelle Camus

Isabelle Camus

Journaliste, serial blogueuse, anglophile, tea-addict et ecolo-geek de la génération X.
Peu adepte des chemins balisés, elle a vécu moultes aventures dans la sphère journalistique bordelaise en collaborant à Sud Ouest, Aqui.fr, Spirit, Human & Terre et Rue89 Bordeaux.
Activité bitextuelle (print + numérique) à laquelle il faut rajouter la création du blog “Chartron's place to be”, du pure player “My Global Bordeaux” et du petit dernier "What a biotiful world" relais de plusieurs années dans le secteur des produits culturels.
Savourant tous les jours sa chance de vivre dans une ville magnifique en bordure d'eau, non seulement XVIIIème, mais plate, elle entretient indéfectiblement et par tous les temps, son penchant naturel pour le glocal (penser global et agir local)... à vélo !