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The Pains of Being Pure at Heart : Darwin en mode Twee

Genre !Le 6 avril dernier, sous l’impulsion du collectif Genre ! qui se fait fort de mettre en avant tout ce qui sonne garage à Bordeaux, The Pains of Being Pure at Heart, un des héritiers les plus excitants de la galaxie Sarah Records, débarquait à Darwin pour un concert nocturne inédit.

Le groupe de Brooklyn jouait un peu à domicile tant la philosophie de l’endroit, une ancienne caserne désaffectée reconvertie en haut-lieu de la branchitude bordelaise  dont Berlin n’aurait pas à rougir (même Arte les kiffe), rappelait celle de leur quartier new-yorkais, capitale mondiale des hipsters.

ITV en VOST de Kip Berman ©Isabelle Camus

Avant de monter sur scène, Kip Berman, le leader du groupe, nous a accordé un petit interlude pour nous parler de sa formation, de ses influences et de ce lieu atypique qu’est Darwin.

Le compositeur et interprète nous expliquait que sa musique, « faite de guitares à la fois abrasives et mélodiques », prenait directement sa source dans les années 90. Influencé par le mythique label Sarah Records et ses poulains Field Mice, Sea Urchins, St. Christopher et autres combos du mouvement Twee, il apprécie ces sonorités à la fois naïves et tendues qui renvoient à l’âge adolescent.

Kip Berman associe les gestes à la parole

Lorsqu’il nous parle de Felt, de Teenage Fanclub ou des Pastels, on se dit que là on a affaire à un passionné qui connait son bréviaire indie sur le bout des doigts. Il avoue d’ailleurs s’en être inspiré pour composer les pastilles pop qui ornent les trois albums du groupe, dont le dernier Days of Abandon, sorti l’an dernier.

La musique du groupe, extrêmement mélodieuse et attachante, donne envie de se plonger dans ce bouillon de culture, discret mélange entre  la candeur de Belle and Sebastian et la rougeur noisy de Ride. Rêveries, romances et enfance sont des thématiques qui illustrent l’univers de ce grand garçon de 35 ans à l’air lunaire et nonchalant.

Et c’est avec beaucoup de sincérité dans la voix qu’il nous expliquait le choix de Darwin comme étape française, privilège partagé avec la ville de Lyon :

« L’endroit ressemble à ces vieilles friches industrielles que l’on retrouve à Williamsburg, le quartier où nous vivons. Les gens qui fréquentent ce lieu me font penser à la population de mon quartier, ouverts d’esprit et curieux. On sent qu’il y a une âme, une envie de partager des choses cool. La musique participe de cet état d’esprit ».

The Pains of Being Pure at Heart, en ordre pour jouer

Douceur printanière

Des paroles aux actes, il n’y a qu’un pas que l’on avait hâte de franchir afin de voir à l’œuvre le groupe, en cette fraîche soirée printanière. Une fois n’est pas coutume, le local BMX était reconverti en scène musicale. Les quatre musiciens sont montés sur l’estrade aux alentours de 22h devant un maigre public. Le choix de la date, le Lundi de Pâques, plus propice à la chasse aux œufs qu’à une virée nocturne dans un hangar désaffecté, explique la faible assistance devant laquelle le groupe a joué. Et c’est bien dommage…

Durant une heure, le groupe pas blasé pour autant, nous aura interprété une quinzaine de ces sucreries noisy pop dont il a le secret de fabrication. Nos oreilles auront ainsi été émoustillées par l’énergie et la douceur de Contender, This Love is Fucking Right !, Heaven’s Gonna Happen Now ou encore Stay Alive.

Les témoins présents pourront dire qu’ils ont assisté à un rare moment durant lequel The Pains of Being Pure at Heart aura montré une générosité et une simplicité attachantes,  nous ramenant une vingtaine d’années soniques en arrière. Nostalgie quand tu nous tiens…

On se prend alors à imaginer d’autres initiatives du genre afin de magnifier ce lieu atypique qu’est Darwin, à la fois urbain, sauvage et mystérieux.

Thomas Camus

Thomas Camus

Geek utopique, flegmatique et éclectique, addict au numérique, boulimique de musiques électriques, électroniques et folkloriques, fanatique de rythmiques supersoniques et atomiques, hystérique de cinématiques mystiques et mythiques, frénétique de répliques acrobatiques.